Simulation salaire intérim : estimez précisément votre rémunération
- Adèle

- il y a 1 minute
- 9 min de lecture
Vous recevez une proposition de mission : 13 € de l’heure. Sur le papier, ça paraît correct. Dans votre tête, vous commencez déjà à faire le calcul… “Ça fait combien sur le mois ?
1 800 € ? 2 000 € ?” Puis le doute arrive. Brut ou net ? Avec les indemnités ? Avant ou après impôt ? En intérim, le chiffre affiché n’est jamais exactement celui qui tombe sur le compte bancaire. Entre les cotisations, l’indemnité de fin de mission, les congés payés et les éventuelles heures supplémentaires, l’écart peut être plus important qu’on ne l’imagine.
Beaucoup acceptent une mission sans savoir précisément ce qu’ils vont réellement percevoir. Pourtant, en comprenant quelques règles simples, il devient possible d’anticiper son revenu, de comparer les offres et d’éviter les mauvaises surprises à la fin du mois.

💡Sommaire :
Pourquoi estimer sa rémunération avant une mission en intérim ?
Anticiper son revenu mensuel
En intérim, deux missions au même taux horaire peuvent aboutir à des montants très différents à la fin du mois. La durée réelle de travail, les heures supplémentaires, les primes éventuelles ou encore la nature du poste influencent directement le total versé. Se fier uniquement au taux affiché peut donc donner une vision incomplète de la réalité.
Anticiper son revenu mensuel permet d’avoir une vision concrète : combien sera réellement versé ? Est-ce suffisant pour couvrir le loyer, les charges fixes ou un projet en cours ? Une mission de 35 heures hebdomadaires sur un mois complet ne produira pas le même résultat qu’un contrat de trois semaines, même avec un taux légèrement supérieur. Cette estimation aide aussi à comparer deux propositions sans se laisser influencer uniquement par le chiffre horaire.
Faire une simulation salaire intérim avant de s’engager, c’est transformer une opportunité en décision réfléchie.
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Comprendre la différence entre brut, net et net imposable
Lorsque vous voyez un taux horaire affiché, il s’agit presque toujours d’un montant brut. Cela signifie que les cotisations sociales n’ont pas encore été déduites. Le salaire brut correspond à la base de calcul de votre rémunération avant retenues. C’est sur ce montant que viennent s’ajouter certaines indemnités, comme l’indemnité de fin de mission ou les congés payés. Pourtant, ce n’est pas cette somme qui arrive sur votre compte bancaire.
Le montant net correspond à ce que vous percevez réellement après déduction des cotisations salariales. La différence peut représenter environ 20 à 25 % du brut selon la situation. À cela peut s’ajouter le prélèvement à la source, qui réduit encore légèrement le montant versé. Le net imposable, lui, sert de base pour calculer l’impôt sur le revenu. Il est souvent un peu plus élevé que le net à payer car certaines cotisations, comme une partie de la CSG, restent intégrées dans le calcul fiscal.
Prenons une base simple : 1 900 € brut mensuels. Après cotisations, le montant peut descendre autour de 1 500 € net. Avec un prélèvement à la source de 5 %, la somme versée sera encore légèrement inférieure. Savoir lire ces trois niveaux de rémunération change complètement la perception d’une mission et permet d’analyser sa fiche de paie avec précision.

Comment est calculée la rémunération en intérim ?
Le taux horaire et les heures travaillées
La rémunération en intérim repose d’abord sur un calcul simple : un taux horaire multiplié par le nombre d’heures réellement travaillées. Ce taux est défini selon le poste occupé et la convention collective de l’entreprise. Le principe d’égalité de traitement garantit que vous percevez une rémunération équivalente à celle d’un salarié en poste sur la même fonction.
Le volume d’heures effectuées influence directement le montant brut. Une mission à temps plein correspond généralement à 35 heures par semaine, soit environ 151,67 heures par mois. Les heures supplémentaires viennent augmenter cette base grâce à une majoration légale ou conventionnelle. À l’inverse, un mois incomplet réduit mécaniquement le total.
Par exemple, avec un taux de 12 € brut sur 151,67 heures, la base atteint environ 1 820 € brut avant indemnités. Cette première étape constitue le socle du calcul et permet d’évaluer rapidement le potentiel réel d’une mission.
Les indemnités de fin de mission et congés payés
En intérim, la rémunération ne s’arrête pas au simple produit du taux horaire par les heures travaillées. Deux éléments viennent augmenter le montant brut : l’indemnité de fin de mission et l’indemnité compensatrice de congés payés. Ces sommes sont spécifiques au travail temporaire et représentent un véritable complément de revenu.
L’indemnité de fin de mission correspond généralement à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission. Elle compense la précarité du contrat. À cela s’ajoute l’indemnité compensatrice de congés payés, également autour de 10 %, versée même si vous n’avez pas pris de congés durant la mission. Ces deux montants sont calculés sur la base brute incluant les éventuelles heures supplémentaires et primes.
Prenons une base de 1 820 € brut mensuels. L’ajout de 10 % d’indemnité de fin de mission représente environ 182 €. Les congés payés ajoutent encore 182 €. Le total brut passe alors à plus de 2 180 € avant déduction des cotisations. L’impact est loin d’être négligeable et peut modifier fortement votre estimation finale.
Intégrer correctement ces indemnités permet d’avoir une vision réaliste du montant global généré par votre mission.
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Les primes et majorations
Certaines missions d’intérim deviennent réellement intéressantes grâce aux primes et aux majorations liées aux conditions de travail. Le taux horaire de base ne raconte pas toute l’histoire. Les heures supplémentaires, le travail de nuit, les interventions le dimanche ou les jours fériés peuvent donner lieu à des majorations prévues par la loi ou la convention collective. Ces compléments viennent augmenter la rémunération brute avant même l’ajout des indemnités spécifiques à l’intérim.
D’autres éléments peuvent également s’ajouter selon le secteur d’activité : prime de panier, indemnité de déplacement, prime d’équipe ou compensation pour horaires décalés. Une mission en horaires de nuit sur plusieurs semaines n’aura pas le même impact financier qu’un poste uniquement en journée, même si le taux horaire affiché est identique. Ce sont souvent ces détails qui font la différence sur le bulletin de salaire.
Ces majorations et primes ne doivent jamais être négligées lors de l’estimation d’une rémunération. Elles influencent directement le montant brut et, par effet mécanique, le calcul des indemnités de fin de mission et des congés payés.

Du montant brut au montant réellement versé
Les cotisation salariales
Une fois le montant brut total calculé, il faut comprendre ce qui est réellement versé sur votre compte. La différence entre brut et net correspond aux cotisations salariales. Ces retenues financent la protection sociale : assurance maladie, retraite de base, retraite complémentaire, assurance chômage ou encore CSG et CRDS. Elles sont automatiquement déduites par l’employeur et apparaissent clairement sur le bulletin de salaire.
En pratique, le passage du brut au net représente en moyenne une diminution d’environ 20 à 25 %, selon la situation et le niveau de rémunération. Ce pourcentage peut varier légèrement en fonction du statut, du volume d’heures ou de certaines exonérations spécifiques. C’est ce qui explique pourquoi un montant brut de 2 700 € ne correspond jamais à 2 700 € réellement perçus.
La somme qui reste après déduction des cotisations constitue le net avant impôt. Comprendre cette étape permet d’éviter les mauvaises surprises et de mieux interpréter les lignes de sa fiche de paie.
Le prélèvement à la source
Depuis la mise en place du prélèvement à la source, l’impôt sur le revenu est directement déduit du salaire avant versement. Concrètement, le montant net obtenu après les cotisations salariales n’est pas toujours celui qui arrive sur votre compte bancaire. Un pourcentage supplémentaire est appliqué en fonction de votre taux personnalisé transmis par l’administration fiscale. Ce taux dépend de votre situation globale : revenus du foyer, nombre de parts fiscales, autres sources de revenus éventuelles.
Sur une estimation nette de 2 100 €, un taux de prélèvement de 5 % représente environ 105 € déduits avant versement. Le montant réellement perçu tombe alors autour de 1 995 €. Avec un taux de 10 %, l’écart devient encore plus visible. C’est pourquoi il est essentiel de distinguer le net avant impôt du net après impôt. Beaucoup de travailleurs intérimaires confondent ces deux montants, ce qui peut créer une incompréhension au moment de consulter le relevé bancaire.
Le prélèvement à la source n’est pas une charge supplémentaire liée à l’intérim, mais un mécanisme fiscal appliqué à tous les salariés. L’intégrer dans votre simulation salaire intérim permet d’avoir une vision fidèle de la somme réellement disponible chaque mois.

Simulation salaire intérim : exemple concret de calcul
Pour bien comprendre comment se construit une fiche de paie en intérim, prenons un scénario réaliste du début à la fin. L’objectif est de voir comment on passe d’un simple taux horaire à un montant réellement versé sur le compte bancaire.
Imaginons une mission de 1 mois à temps plein (35 heures) avec un taux horaire de 13 € brut. La base mensuelle pour 151,67 heures correspond à 151,67 × 13 €, soit 1 971,71 € brut.
Durant ce mois, le salarié effectue 12 heures supplémentaires majorées à 25 %. Le taux majoré devient donc 16,25 € (13 € + 25 %). Ces 12 heures génèrent 195 € brut (16,25 € x 12).
La mission comprend également 10 heures de nuit majorées à 20 %, soit un taux de 15,60 € (13 € + 20 %), représentant 156 € brut (15,60 € x 10). Une prime d’équipe de 120 € est prévue pour le mois.
Le total brut avant indemnités atteint donc :
1 971,71 € + 195 € + 156 € + 120 € = 2 442,71 € brut.
En intérim, s’ajoutent ensuite les indemnités spécifiques. L’indemnité de fin de mission à 10 % représente 244,27 €. L’indemnité compensatrice de congés payés à 10 % représente également 244,27 €. Le total brut global atteint alors 2 931,25 €.
En appliquant une estimation moyenne de 22 % de cotisations salariales, le net avant impôt est d’environ 2 287 €. Si le taux de prélèvement à la source est fixé à 6 %, le montant réellement versé se situe autour de 2 150 €.
Entre le taux horaire affiché et le montant final, l’écart est conséquent. Ce type de projection permet d’avoir une vision concrète et d’éviter toute mauvaise surprise au moment de consulter son compte bancaire.
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Conclusion
En intérim, le taux horaire affiché ne reflète jamais à lui seul le montant réellement versé. Heures supplémentaires, travail de nuit, primes, indemnités de fin de mission, congés payés, cotisations sociales et prélèvement à la source modifient progressivement le résultat final. Sans estimation précise, il est facile de surestimer — ou sous-estimer — ce que vous allez réellement percevoir.
Comprendre ces mécanismes vous permet d’analyser une mission avec plus de recul. Vous pouvez ainsi comparer les offres de manière objective, anticiper votre budget et vérifier votre fiche de paie avec plus de sérénité. Prendre l’habitude de simuler votre rémunération avant d’accepter une mission devient alors un réflexe simple pour garder le contrôle sur vos revenus.

FAQ
Comment savoir combien je vais toucher en intérim ?
Multipliez votre taux horaire brut par le nombre d’heures travaillées. Ajoutez ensuite les heures supplémentaires majorées, les primes éventuelles et les indemnités de fin de mission et de congés payés. Retirez enfin les cotisations sociales et le prélèvement à la source pour obtenir le montant réellement versé. Une estimation complète évite toute surprise en fin de mois.
Les indemnités de fin de mission sont-elles obligatoires ?
Dans la majorité des cas, oui. Elles représentent généralement 10 % de la rémunération brute totale. Elles ne sont pas versées uniquement dans certaines situations spécifiques, comme une embauche en CDI à l’issue de la mission. Elles constituent un complément important à intégrer dans votre estimation.
Comment vérifier si ma fiche de paie est correcte ?
Contrôlez le nombre d’heures, le taux horaire appliqué, les majorations et les primes prévues. Vérifiez ensuite le calcul des indemnités et comparez le brut total au net versé après cotisations. Une lecture attentive permet de repérer rapidement une éventuelle erreur.
Peut-on être payé en dessous du SMIC en intérim ?
Non. Le principe d’égalité de traitement impose une rémunération au moins équivalente à celle d’un salarié permanent sur le même poste. Si le taux est proche du minimum légal, les majorations et indemnités viennent compléter le total.
Les heures supplémentaires sont-elles toujours majorées ?
Oui, sauf exception prévue par une convention collective. La majoration est généralement de 25 % pour les premières heures supplémentaires. Elles augmentent le brut et influencent également le calcul des indemnités.



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